Nouveauté

L’Italie battue en amical par le Portugal

Le but décisif est signé Eder

Le Stade de Genève était l'hôte ce mardi soir d'un match international de prestige. Portugal-Italie, un amical pour remettre les pendules à l'heure en pleine campagne de qualifications pour l'Euro 2016. Comme annoncé en conférence de presse la veille, Antonio Conte a pris la mesure des nouvelles recrues et mis en place sur le terrain une équipe prometteuse mais encore en manque de concrétisation. Focus.

Ranocchia et le buteur Eder en pleine action. © Oreste Di Cristino

20h18, le Stade de Genève résonne à l’annonce des compositions des deux équipes. Les drapeaux du Portugal et de l’Italie dansent sous les vibrations du vent. Les hymnes retentissent sous les chants des 18’024 supporters et un tifo parfois silencieux se fait sentir des tribunes. Les 22 protagonistes se serrent la main pour témoigner tout le fair-play attendu et l’amical débute. Un match paisible, sans tension ni agressivité. Dans la tribune de presse, les journalistes se délectent du moment présent. Sous leurs yeux, deux formations prometteuses et motivées à rendre compte de leur potentiel dans un stade peu tumultueux et respectueux à souhait. Bref, une ambiance conviviale et festive.

Italie, entre séduction et frénésie

Sur le terrain, la balance de domination et de possession de balle prend un premier penchant. L’Italie, composée de braves jeunes, se porte immédiatement vers l’avant. L’attaque italienne met rapidement le Portugal en difficulté. Ciro Immobile se fait l’auteur de premiers débordements qui mettent en garde une défense portugaise fébrile. Dans les premières minutes du match, la capacité de la Squadra Azzurra à s’organiser est indéniable. Un jeu collectif plaisant, une entraide efficace et une précision dans les mouvements témoignent d’une équipe hardie et courageuse. On dénote beaucoup de facilité dans les situations de contre et très vite, une entente fiable entre Immobile et Candreva amène le danger du côté du gardien portugais. À l’opposé, nouvelle démonstration d’une défense efficace du côté italien. Pirlo, métronome incontestable de la formation azzurra se gratifie de présences actives en défense. Comme à l’accoutumée, le Lombard gère la transition défense-attaque d’une main de maître. Peu de résidu visible dans une équipe en pleine reconstruction ; face à Quaresma, meneur de l’équipe lusophone, les défenseurs – à l’image de Ranocchia ou encore Darmian – ont joué de manière intelligente et spontanée. De leurs côtés, dans leur difficulté à percer la ligne défensive italienne, les portugais effectuaient souvent des changements d’aile entre Varela et Quaresma, sans succès. Suppléée de Bonucci ou encore De Sciglio, l’Italie tenait une défense habile et solide à la fois.

Afin de mettre en selle divers de ses jeunes recrues, Antonio Conte a opté pour un choix offensif. La structure du jeu mise en place permettait de mettre sous les feux de la rampe un milieu de terrain inédit. Un premier test d’envergure pour Bertolacci et Soriano. Dans la nécessité de travailler plus en profondeur les transitions, les deux nouvelles figures azzurre ont démontré avoir les capacités et les qualités requises pour évoluer au sein de la Nazionale. Au soutien de la pointe Immobile – couplé par des mouvements dynamiques de Stefan El Shaarawy, proche de l’ouverture du score à la 18e minute puis à la 27e sur contre-attaque – les Génois ont ainsi contribué à l’ascension de leur équipe en première mi-temps. Toutefois, l’action la plus dangereuse du premier acte est survenue du côté de Sirigu (30e minute). Éder met sous pression le portier italien après une passe en arrière de Bonucci. Le ballon parvient à Varela qui tente sa chance à but vide, mais Ranocchia sauve in extremis sur la ligne.

À la reprise, la Squadra Azzurra continue le forcing mais baisse en qualité. Malgré quelques occasions périlleuses – notamment de la part de Soriano (49e) ou encore le montant trouvé par Immobile aux développements d’un coup-franc de Pirlo (51e) – les Italiens peinent à retrouver de la fluidité dans leur jeu. L’entente entre Bertolacci et Immobile se brouille quelque peu tout en maintenant un système de jeu acceptable et la défense s’adonne à des erreurs inexistantes en première période, à l’image de Ranocchia en perte de vitesse. En conséquence, le Portugal parvient à trouver la faille sur une de ses rares occasions à la 52e minute. Eliseu se démarque de trois joueurs au milieu de terrain et adresse une contribution précise à Quaresma. Ce dernier analyse lucidement la situation et centre. Le ballon trouve le pied ferme d’Éder qui parvient, en parfait opportuniste, à tromper Sirigu. À cet instant précis, le virage portugais explose, les journalistes retiennent difficilement leur neutralité et le score se débloque enfin. Le Portugal se réveille, domine même pendant dix minutes. Silva tente une frappe susceptible de surprendre le gardien azzurro (55e) mais le tempo ralentit. Les premiers changements sont engagés côté Conte. Soriano cède sa place à Vazquez au milieu de terrain (58e). Ce dernier fera une apparition mitigée, notamment à cause de son manque de physique face à des joueurs plus expérimentés tels que João Moutinho. Son embarras est aussi dû à sa difficulté à bien se positionner sur le terrain. Les entraînements ultérieurs lui permettront de trouver sa juste place dans l’équipe.

40 ans d’attente

Toutefois, menée, l’Italie retrouve des forces. À l’aune de l’action collective impliquant Darmian et Pirlo qui s’est conclue sur un tir au raz du poteau du Turinois (67e), gli azzurri parviennent à se tourner à nouveau vers l’avant. On y retrouve également la connivence voulue entre Darmian et son capitaine qui met volontiers à mal l’aile tenue par Eliseu et Quaresma. Les entrées successives de Gabbiadini (à la place de Candreva, 65e) et Matri (Immobile, 74e) renforcent le sentiment de domination des Italiens. Mais malgré des conclusions insidieuses des mêmes Gabbiadini, Matri ou encore Vazquez dans le temps supplémentaire, L’Italie subit sa première défaite sous l’ère Conte. Pour le Portugal, en revanche, il s’agit de sa première victoire depuis 40 ans face à la Squadra Azzurra.

La composition de départ

Italie: Sirigu (GK), De Sciglio, Ranocchia, Bonucci, Darmian, Bertolacci, Pirlo (C), Soriano, Candreva, El Shaarawy, Immobile.

Portugal: Beto (GK), Alves (C), Fonte, Coentrão, Moutinho, Eder, Vieirinha, Pereira, Varela, Mendes, Quaresma.

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About Yves Di Cristino (341 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Sociales et Politiques à l'Université de Lausanne.

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