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Edem Labah: « Une sensation mythique »

Le jardin d'Edem a fait carton plein au Lido Comedy & Club

Entre amis abreuvés et public à la recherche d'exotisme venus en masse pour venir soutenir le fantasque et délirant Edem Labah pour sa première scène, le Lido Comedy & Club de Lausanne a, une nouvelle fois, été le théâtre, le foyer ou encore l'école d'une étoile montante. En sold-out, "Le jardin d'Edem", one-man show de l'humoriste éponyme, a fait vibrer les âmes les plus réceptives à un humour délirant et porteur de beaucoup d'autodérision. Le Togo, la famille africaine, les origines nyonnaises, l'armée, la naturalisation suisse,... Edem a touché à tous les sujets dans son spectacle lui valant une réussite pleine pour sa première fois en seul en scène. Interview avec le jeune homme venant de là-bas.

Edem Labah

Edem, première au Lido, premier grand show. Comment te sens-tu ?

Super bien. Je me sens comme si je venais de gagner une sorte de Coupe du Monde, où j’étais le seul participant (rires). C’est une sensation mythique et je suis maintenant beaucoup plus détendu que sur scène. Je suis vraiment content !

Un grand public, beaucoup d’amis dans la salle. Tu te sentais un peu comme chez toi…

Oui, c’est vrai. Je me sentais un peu à domicile. Il y avait beaucoup de potes, parce que je viens de Nyon et beaucoup de mes amis sont venus. Mais j’appréhendais un peu parce que mes amis ne m’ont jamais vu sur scène et je pense que, comme ils me connaissent bien, ils se lâchent moins et se lancent plus dans une analyse au lieu de se divertir pleinement. Mais dans l’ensemble, j’en ai vu quelques uns se dérider, décroiser leurs bras au fur et à mesure donc je suis assez satisfait.

Ce n’est bien évidemment pas la version définitive de ton spectacle. Tu as fait un grand rodage mais y a-t-il des passages à enlever après ce soir ? J’imagine pas beaucoup si c’est le cas…

Exactement, j’ai senti quelques petites maladresses parce que tenir, au final, 1h15 dans un rythme soutenu, c’est pas facile. Il y a eu quelques petits moments, où il y a avait un peu moins de rires. J’ai abordé différents sujets comme ma rupture qui m’a pas mal fait souffrir et c’était peut-être pas le sujet qui allait déchaîner la foule. Mais dans l’ensemble, je pense qu’il manque encore un peu de travail. Heureusement, je filme à chaque fois que je joue, ce qui me permet ensuite de revoir la vidéo et de me faire un débriefing personnel. On va retoucher quelques passages parce que, comme j’ai beaucoup écrit de sketches et que tous ensemble, ils constituent une durée de 2h environ, j’ai dû faire une sélection. Du coup, il y a quelques mots ou expressions que j’ai supprimés qui mériteraient tout compte fait de réintégrer le spectacle, tout comme d’autres que j’ai racontés ce soir seraient peut-être à supprimer. Mais on verra. Ce sont les aléas du métier (rires).

Tu as dit au début de ton spectacle que tu avais 34 ans. C’est une blague, n’est-ce pas ?

(Rires) Merci ! Effectivement, je suis né en 1980, j’ai 34 ans. Pendant dix ans, j’ai fait du rap comme je l’ai dit dans mon spectacle et j’ai découvert le stand-up en participant à une émission qui s’appelait « TV-Star ». Le responsable du Swiss Comedy Club m’a vu dire des conneries à la télévision et il s’est imaginé que je correspondrais bien à la carrure d’un humoriste. De là, j’ai fait un sketch et les gens se sont marrés: j’en ai fait deux, trois par la suite et maintenant j’ai mon one-man (show). Je n’y crois toujours pas.

Ton spectacle est très jeune avec beaucoup de références jeunes. C’est vers ce public – la jeunesse – que tu te tournes le plus ?

Oui. Mentalement, je dois toujours avoir 14 ans (rires). J’aime bien écrire un peu sur tout. J’ai des parties qui sont aussi un peu plus tournés vers la politique ou l’actualité. Mais comme là, je voulais juste tester la première partie, je ne les ai pas vraiment ajoutées pour voir ce que ça donne. Mais effectivement, il y a pas mal de références pour les personnes qui ont grandi dans les années 1990 avec IAM, etc… Je parle pas mal de séries de l’époque. Donc un spectacle un peu orienté pour les jeunes mais qui est, au final, accessible à tous, peu importe l’âge.

Tu es un habitué du Swiss Comedy Club. Tes passages t’ont vraiment forgé une expérience jusqu’à aujourd’hui.

Exactement, parce que la chance que j’ai eue, c’est d’avoir pu aller un peu dans toutes les scènes ouvertes: le Swiss Comedy Club, le Prodige Comedy, le (comptoir fait son) Comic Out, etc… J’ai pu y tester tous les bouts du spectacle sur différents types de public, ce qui a constitué un petit filet de sécurité pour moi ce soir. Mais c’est vrai que d’avoir pu tester des blagues au Swiss Comedy Club a été fort appréciable. Cependant, je ne fais pas encore partie de la troupe du Swiss. Je participe actuellement à un tremplin pour l’intégrer et il y a la finale le premier lundi du mois de mai au Bleu Lézard. Si ça se passe bien, je serai intégré dans cette troupe et je serai un membre à part entière du Swiss Comedy Club.

Deux premières parties ce pour ton spectacle, dont Kallagan qui est peut-être plus connu que toi. C’est inédit ce qui s’est passé…

C’était super cool ! Jessie Kobel qui a fait la première première partie est un de mes bons potes. On s’entend super bien et Kallagan, je l’ai rencontré ce soir. C’est vraiment un malade (rires). Si vous avez l’occasion d’aller le voir le 15 et 16 mai (ndlr, au Lido Comedy & Club), allez-y ! Un peu trash au vu des quelques grossièretés qu’il déballe mais sinon il est énorme. Mais c’est pas évident ! Quand Thomas (ndlr, le programmateur du Lido) m’a proposé que Kallagan fasse ma première partie, j’ai eu un peu peur parce qu’il est mille fois plus drôle que moi (rires). Ce serait dur de passer après lui. Et en fait… pas du tout (rires) ! Elle est pour toi Kallagan !

Tu es un grand observateur de la vie. Tout ton spectacle est basé sur le laboratoire grandeur nature qu’est le monde…

C’est exactement ça ! J’ai navigué dans les eaux sociologiques des méandres humains. C’est vrai que j’aime beaucoup regarder les gens sans foncièrement chercher à me moquer d’eux. J’aime observer les filles entre elles, les gars entre eux quand ils sont en boîte et qu’ils font les lourds. Je rigole tout seul de ces scènes-là. Et je me dis que si ça me fait rire, c’est que c’est susceptible de faire rire d’autres personnes. Alors je prends quelques petites notes et j’essaie d’intégrer les passages dans mes sketches. J’ai pas mal d’humour d’observation et beaucoup d’absurde (rires)

Beaucoup de références à tes ressources: le Togo, la famille africaine… C’est toujours aisé de faire rire de ses propres expériences et de ses propres origines…

Exactement ! Je suis un grand fan de l’autodérision. Donc si je peux me moquer de moi, autant se moquer des serbes, albanais, espagnols, portugais, italiens et même les suisses allemands. On tape bien sur eux ces derniers temps. De plus, les relations entre enfants et parents dans les familles africaines est incompréhensible pour un Européen de souche. Ça fait cliché, certes, parce que beaucoup d’humoristes abordent ces sujets, mais ils sont intarissables quoi. Parce que là, on a deux cultures, deux visions différentes et on peut en discuter pendant longtemps. Il y a de quoi traiter (sourire).

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About Yves Di Cristino (293 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en sciences sociales et politiques à l'Université de Lausanne.

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