Nouveauté

Écohabitat, Théo Bondolfi: « Il faut favoriser une écologie sociale »

ECOPOL pose la première pierre !

Théo Bondolfi, chef de projets d'innovation socioculturelle pour l'association La Smala, et toute son équipe ont posé la première pierre du tout premier écovillage de Romandie ce mercredi après-midi à Grandvaux (VD). Ce jour est venu récompenser le travail intense et rigoureux qui a duré pendant quelque 20 ans. Favorisant la simplicité ainsi que les valeurs de la mixité sociale, de l'aide et de la cohabitation intergénérationnelles, de l'entraide et du bon vivre ensemble, le nouveau label ECOPOL a également posé ses premiers fondements sous la houle de l'entrepreneur Bondolfi. Rencontre avec le coordinateur et instigateur d'un projet pérenne.

Théo Bondolfi, chef de projet à La Smala pose avec la première pierre du premier écovillage de Suisse Romande. Photo: Yves Di Cristino

Théo Bondolfi, vous posez « la première pierre » de votre nouveau label ECOPOL pour l’association La Smala. Quel est le sentiment qui prédomine aujourd’hui ?

C’est merveilleux parce que ça fait 20 ans qu’on en rêve. Enfin on y est ! Avec la particularité d’avoir pu réaliser ce projet avec beaucoup de profondeur et de grandeur. La pose de la première pierre est plutôt perçue, dans le sens commun, comme étant la pose de la première « brique ». Or là, le terme de pierre est à son sens le plus propre. On a trouvé ces belles pierres sur le terrain et elles ont été choisies avec notre géobiologiste qui nous a même éclairé sur l’orientation « négatif » et « positif » de celles-ci. Donc cela signifie que ces pierres ont réellement un sens, elles sont posées à des endroits bien précis. Donc c’est de l’âme et ça c’est merveilleux et rare.

Je vous ai entendu sur le chantier, vous apprenez beaucoup de choses, même sur le terrain…

Voilà, en plus. Je ne suis pas un grand passionné de géobiologie mais quand on découvre à quel point ça peut faire sens, on reste surpris. Les géobiologistes, quand ils sentent qu’il y a une ligne tellurique ou de l’eau et bien c’est la réalité, il ne peut pas l’inventer. Ils ont de l’instinct et c’est loin d’être du pipeau. Et ça, c’est impressionnant de le découvrir.

Vous bâtissez alors votre premier écovillage. Le terme « d’écovillage » va plus loin de la simple perspective écologique des écoquartiers. Là, vous misez encore plus sur l’entraide générationnelle et sur une forme de mixité sociale…

Oui. Il y a bien sûr des maison labellisée Minergie bioclimatiques avec énergie solaire, matériau naturel, etc… Mais, en plus, il y a des espaces partagés, un incubateur de micro-entreprises, etc… Il y a vraiment des activités concrètes qui vont en faire un lieu de vie socioculturelle et de coopération.

ECOPOL est un projet étendu en Suisse Romande, l’implémentation ne se cantonne pas uniquement à la localité de Grandvaux…

Oui. Ce label (ECOPOL) a pour but d’accompagner des gens qui ont des projets pour qu’ils sortent du Greenwashing et de l’écoquartier de façade. Il est là dans le but de sortir de l’écologie technique et d’entrer dans une écologie sociale. Il y a un projet à Cheiry (FR), qui est signé et prêt au démarrage, et un autre à Founex (VD), qui lui aussi, est proche de la signature et en bon avancement d’étude. Donc on va vraiment de l’avant. Ce n’est pas une initiative isolée, c’est vraiment une vision à long terme. On cherche à inspirer la société et à amener des écoquartiers techniques à aussi intégrer la dimension sociale. Pour donner un exemple concret: dans un écoquartier, les gens bénéficient d’un bail mais il n’y a pas de prévision d’avoir des espaces communs grands ou d’avoir des achats en commun ou encore de profiter de l’entraide intergénérationnelle. Et peut-être que demain, des bureaux techniques plus classiques, des communes trouveront intéressant d’encourager une vraie entraide – avec une particularité à bien préciser: c’est qu’il y a une période d’essai qui permet aux deux parties d’apprendre à bien comprendre l’utilité d’une coopération et d’une cohabitation.

Donc ECOPOL est une expérimentation en marche…

Oui. Ce label a une valeur qui commence à exister. Comme tout label, il faut bien que des gens l’adoptent. Tout comme il existe le label bio « Bourgeon » pour l’alimentation ou encore le label « Minergie » pour la construction, il y a un label pour la qualité de vie dans les écolieux qui émerge et qui commence à faire ses preuves.

Un mot sur La Smala… Ça fait 20 ans qu’elle existe et c’est maintenant que les choses prennent une tournure encore plus significative. C’est donc un jour historique…

Absolument! 43 maisons temporaires et enfin une maison durable.

Merci pour votre disponibilité Théo Bondolfi. Que le label soit durable lui aussi !

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About Yves Di Cristino (371 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Politiques à l'Université de Lausanne. Prépare un mémoire en histoire internationale focalisé sur les relations de Guerre Froide et de post-Guerre Froide.

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