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Lausanne, Delclos: « un scénario qui se répète »

Les derbies se suivent et semblent se ressembler. Le FC Lausanne-Sport s'écroule à la 92e minute sur sa propre pelouse devant un Servette FC opportuniste (0-1). À nouveau décisives, les nouvelles recrues ont sauver l'équipe Grenat et leur statut de leader de la Challenge League. Du côté de Lausanne, en revanche c'est une terrible désillusion. Retour sur un derby mitigé.

« J’ai envie de dire que c’est un scénario qui se répète » entonne Jordi Delclos, les yeux bouffis et le regard vague. Lausanne s’est effondré sur le dernier assaut genevois et nourrit dès lors de nombreux regrets. Deux réalisations à juste titre annulées par l’arbitre Amhof pour des positions de hors-jeu et des occasions en nombre large ont sans doute sapé le moral de Marco Simone et de ses hommes. Possession de balle et domination en première période n’ont pas suffi aux vaudois pour goûter à une première victoire face à son rival du bout du lac. Car si les occasions étaient présentes, le manque de concrétisation en attaque, lui, était de rigueur. Ni Kevin Dupuis, ni Daniele Romano, ni même David Marazzi ne sont parvenus à percer la défense Grenat. Un terrible manque de réalisme et de coordination entre le milieu et l’attaque a eu raison d’une équipe en bien mauvaise forme en ce début de second tour de la Brack.ch Challenge League. Un constat que l’on peut mettre sur le compte du manque de compétition depuis des mois ? « On le saura sans doute jamais. C’est vrai qu’on a été déçus quand les matches ont été reportés. On avait à cœur de reprendre le championnat contre Servette en début février, et ça ne s’est pas fait. On a joué un match compliqué à Chiasso (ndlr, 1-1) et on voulait se rassurer ensuite à la maison contre Le Mont et ça ne s’est pas fait. Mais on va pas se trouver des excuses. C’est comme ça, même s’il y a peut-être eu un manque de rythme. On a une carence offensive qu’il va falloir gommer car c’est elle qui nous fait défaut en ce moment » explique le français.

Au final, le LS est à peu de choses, presque comme d’habitude. En effet, car le FC Lausanne-Sport a beau fournir de belles prestations, il n’arrive pas à gagner et n’engrange les trois points qu’une fois sur trois. Bilan de la reprise après la longue trêve hivernale: trois matches, un nul et deux défaites. De quoi réalimenter la crise à la Pontaise: « C’est un scénario qui se répète – confirme Delclos – on a connu ça à Chiasso et à Bienne (ndlr, 0-1) et encore une fois, on arrive pas à tenir le résultat. Dire que nous sommes déçus est peu dire. On a l’impression d’avoir fait des efforts, d’avoir travailler en équipe et de ne pas avoir été récompensés à la fin. On ne peut, maintenant, que se remettre au travail. On a eu beaucoup d’occasions qu’on a pas réussi à mettre au fond et ça c’est un problème récurrent chez nous. Aujourd’hui ça ne peut pas continuer comme ça! « 

Coaching gagnant !

Du côté de Kevin Cooper en revanche, tout semble aller pour le mieux. Il est parvenu à recueillir quatre victoires en autant de match et voit son équipe au sommet du classement du championnat. Mais ces 12 points ne sont pas (uniquement) le fruit du hasard: Lors des trois derniers matches, le staff anglais a parfaitement su utiliser ses cartes joker: ses quatre nouvelles recrues, Jérémy Frick, Bruno Martignoni, en ce qui concerne les titulaires, ainsi que Benjamin Besnard et Robin Kamber en remplaçants. Monsieur Cooper émet d’abord un changement tactique; il sort Alexandre Pasche et fait entrer Robin Kamber. Pendant l’heure de jeu où Pasche s’est illustré, il occupait une position légèrement arriérée à celle dont il avait l’habitude de jouer. Le SFC était alors timide, frêle et peu disposé à s’ouvrir à l’offensive. Ousmane Doumbia retrouvé en défense centrale aux côtés de Mfuyi suffisait à garder l’inviolabilité des buts. Mais l’initiative de la charnière offensive commençait à se faire sentir. L’entrée de Kamber a implicitement changé la donne. Le suisse en provenance des juniors du FC Bâle (M21) a donné un nouvel élan à l’attaque du Servette FC et soutint d’un pied de maître les avancées du jeune Kevin Bua. La machine semblait se préparer pour l’assaut final. Il restait dix minutes et vint l’entrée du prodige Benjamin Besnard. Déjà décisif et volatile dans son rôle d’avant-centre samedi dernier face à Chiasso, le genevois n’a pas manqué de faciliter la vie aux siens. Sur un corner parfaitement tiré par Bua, Besnard fait feu et fait exploser son camp. En deux rencontre, il a réalisé deux buts. Un ratio plutôt excellent pour ses débuts en Grenat. Nul doute, qu’il finira par s’implémenter de manière durable et implacable parmi le onze de base de son entraîneur. En attendant, force est de constater, ici, un coaching indubitablement gagnant !

Jérémy Frick, un ange gardien tombé du ciel

Jérémy Frick est, depuis la reprise, un substitut idéal à Roland Müller et João Barroca (ndlr, blessé à Lausanne). Impérial dans ses interventions, il a relativement sauvé le résultat à double reprise; d’abord sur une frappe cadrée de Daniele Romano à la 28e minute puis en toute fin de match alors que Servette menait déjà 1-0. Nul doute, le portier en provenance de CFA (4e division française) est une valeur sûre. C’est pourquoi, leMultimedia.info/Sharkfoot souhaite retracer un peu son parcours à l’occasion de sa brillante performance face au FC Lausanne-Sport.

Jérémy Frick a fait ses classes à Genève avant de quitter la ville à 15 ans pour rejoindre l’Olympique Lyonnais. Il jouait, depuis la saison 2010/2011 jusqu’à son « retour » au SFC (ndlr, il s’agit d’un prêt jusqu’à la fin de la saison), pour la deuxième équipe de l’OL qui évolue en CFA (groupe C). Mais cela ne l’empêcha pas d’être fréquemment convoqué avec la première équipe, actuellement première de Ligue 1. Selon le communiqué officiel du club français, le prêt du portier prendra fin le 30 juin 2015 et n’est assortie « d’aucune option de transfert ». Au vu de ces éléments, Frick est alors devenu depuis son départ en juin 2009 en Rhône-Alpes, un véritable bijou duquel le staff anglais du club Grenat veut absolument profiter. Longtemps sous l’ombre d’un géant nommé Hugo Lloris, Jérémy a su prendre ses marques depuis quelques années en ayant notamment multiplié les apparitions sur les bancs de Ligue 1. Et il le doit en partie aux quelques conseils du numéro 1 de la nationale tricolore. Aujourd’hui, s’il est défenseurs des buts de Servette, c’est également pour trouver des minutes de jeu, bénéfiques pour son début de carrière dans le monde professionnel. Car n’oublions pas que malgré ses 192 centimètres, Jérémy Frick n’a que 21 ans. Un âge de croissance pour un gardien talentueux. Son prochain test, samedi, face au FC Winterthur à La Praille. Car tout le monde le sait, y compris Kevin Cooper, que les réussites de Frick et celles du Servette FC sont intimement reliées. Cette constatation a à nouveau été renforcée lors du derby lémanique de la Pontaise ce mercredi soir.

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About Yves Di Cristino (310 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en sciences sociales et politiques à l'Université de Lausanne.

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