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Dedo: « Il faut avancer et faire en sorte de pouvoir continuer à rire de tout »

Un show enflammant. Le "Zlatan" de l'humour, Dedo, s'est illustré en cette fin de semaine au Lido Comedy & Club dans une représentation riche en émotions et en burlesque. C'est dans un rythme effréné, que le "metalleux" a lâché ses galéjades et son énergie dans l'unique but de voir la température battre des records de chaleur. Et ce, malgré le rodage de son spectacle qui semble avoir largement dépassé les limites de vitesse en ville. Rencontre avec le stand-uper le plus déchaîné de sa génération.

Photo: Dedo.fr

Spectacle et personnage particuliers, le « metalleux » est un peu en contradiction avec le stand-uper classique que l’on aurait l’habitude de voir et tu te démarques remarquablement bien dans l’univers de l’humour. Mais avant de commencer, tu ne souffres pas trop de ta ressemblance avec Zlatan ?

Pas du tout ! Je l’évoque même brièvement dans le spectacle. Il vaut mieux ressembler à Zlatan qu’à Pinochet. Donc je suis plutôt positif face à cette comparaison-là.

Tu as d’ailleurs un peu le même charisme que Zlatan. Tu es une personnalité qui impose sur scène. Ton spectacle est surtout basé sur l’absurde que peut parfois représenter la vie. Mais « Killing Joke » rappelle justement cette idée de toujours rester vivant et de bonne humeur.

Tout à fait ! Je voulais, à la base, que le spectacle puisse parler à n’importe qui et donc brasser le plus de thématiques possibles. Ça a été intéressant de voir que l’idée de départ, d’appeler le spectacle « Killing Joke », a un peu été rejoint par l’actualité de manière assez triste mais malgré tout, on essaie d’avancer et de faire en sorte de pouvoir continuer à rire de tout. Ça c’est le plus important et si les gens s’y retrouvent au final, c’est que j’ai réussi à faire du bon boulot. Je m’approche de plus en plus de ce que je suis donc c’est encore mieux. Mes références sont la plupart du temps croisées entre l’absurde et l’humour noir et je pense que mon spectacle ressent fortement les deux influences. Et ce qui est agréable, c’est de se dire que le public peut être réceptif à ces deux influences là qui ne sont pas forcément les plus simples à appréhender. Donc du coup, c’est très positif et je suis content que les gens soient au rendez-vous.

Un spectacle en rodage, donc. Depuis combien de temps tu es sur le coup ?

Ça va faire trois mois qu’on continue de roder et de travailler. De l’améliorer de plus en plus, de continuer d’interagir avec le public, de tester du nouveau matériel et de façonner le spectacle. Et je pense qu’on arrive de plus en plus à une forme finale du spectacle qui sera forcément amené à évoluer. Mais je pense que maintenant on a le squelette total et je vais commencer à pouvoir m’amuser, interagir de plus en plus avec les gens et puis, quand tout cela sera bien installé, de pouvoir insérer de nouvelles choses. C’est donc très positif et le meilleur est que les gens répondent très fortement au nouveau matériel qui est parfois plus tourné vers des thèmes plus profonds que lors du premier spectacle. Mais voilà. L’évolution se passe très bien.

Tu parles d’interaction avec le public. Il y en a eu beaucoup ce soir. C’est différent à chaque représentation ?

Oui, par la force des choses car, selon ce qu’il se passe dans la salle, je rebondis dessus. Selon les questions que je pose aux gens, les réponses sont souvent très différentes et partir de là, je suis obligé d’improviser et de construire du nouveau matériel sur le moment. Ce qui est super agréable pour moi parce que j’aime l’improvisation. Et ce qui est aussi agréable, c’est que tout le monde est gagnant car (1), la plupart du temps, les gens se sentent beaucoup plus concernés et intégrés au spectacle, ce qui est très bien et (2), en plus, si les gens reviennent, ils ont la chance de voir un spectacle qui est toujours différent d’un soir à l’autre.

Il y a eu un apport de Yacine Belhousse dans la conception de ton premier spectacle. A-t-il aussi influé sur celui-ci ?

On a beaucoup bossé ensemble avec Yacine et on continue encore maintenant. On a un regard l’un sur l’autre sur nos spectacles respectifs. C’est-à-dire qu’on se teste mutuellement des vannes. On se « met en scène » mais c’est pas vraiment le terme adéquat. C’est plus un regard extérieur qui essaie d’améliorer des choses quand elles sont améliorables et on faisait ça tout les deux sur nos premiers spectacles. On continue de le faire mais il s’agit vraiment plus d’un apport externe entre potes comédiens pour tenter d’améliorer le tout plus que de la mise en scène au sens propre. Mais on continue à bosser ensemble sur des projets transversaux et on va continuer encore plus. Yacine va d’ailleurs bientôt arriver avec un nouveau spectacle qu’il est en train de bosser et qu’il va sous peu commencer à roder lui-aussi. Et voilà. On va peut-être refaire des épisodes ensemble [ndlr, au Jamel Comedy Club] et, en ce qui me concerne, j’ai pas mal d’autres projets qui vont se mettre en route: certains rôles dans des séries et d’autres choses qui vont arriver au fur et à mesure et que les gens découvriront le moment venu.

Vous avez la même personnalité Yacine et toi sur scène…

Ah tu trouves… Et bien on nous a déjà dit effectivement qu’il y avait des similitudes dans le traitement de certaines choses mais je pense justement que ce qui est intéressant, c’est qu’on a deux personnalités très différentes et qu’on peut se retrouver sur certaines influences. Du coup, forcément on pourrait penser qu’on est de la même famille et je pense, qu’effectivement, on peut nous considérer de la même famille artistique que ce soit dans la façon de parler des choses ou dans la façon de traiter de certaines thématiques sous un angle un peu différent des autres artistes. Toutes proportions gardées bien entendu. Mais je pense qu’on peut nous résumer à des « frères de scène ».

Et pour finir, comment c’est la Suisse…?

C’est neigeux. Je ne vois pas d’autres mots que neigeux actuellement et si vous regarder l’épisode 4 de la saison 1 [du Jamel Comedy Club], vous verrez que « Winter is Coming » un peu partout en ce moment en Suisse. Sinon, j’espère revenir en Suisse parce que ça se passe toujours bien. Donc si il y a une prochaine, j’espère que les gens seront à nouveau au rendez-vous.

Merci beaucoup Dedo. Une excellente suite…

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About Yves Di Cristino (310 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en sciences sociales et politiques à l'Université de Lausanne.

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