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Mohamed Maouche: « J’ai saisi ma chance avec le Lausanne-Sport »

Le milieu de terrain Mohamed (Labib) Maouche, 21 ans, nouvel élément du contingent de Marco Simone en cette fin de première partie de saison, a intégré la première équipe du FC Lausanne-Sport il y a à peine quelques semaines. Aligné et titularisé lors des trois dernières rencontre de son équipe (à Winterthur, à Chiasso et contre le FC Bienne à la Pontaise), le français, formé à Saint-Étienne (II) en CFA, a dès lors su convaincre ses coéquipiers et toute l'équipe dirigeante. Rencontre.

Bonjour Mohamed, pour commencer, j’aimerais revenir sur ton arrivée un peu soudaine dans cette première équipe du FC Lausanne-Sport. Comment tu expliques ton transfert de Team Vaud M21 [ndlr, 1e Ligue Classic, 4e division suisse] à celle de titulaire en Challenge League ?

Et bien il faut savoir qu’en M21, ça s’est très bien passé. Mon début de saison était plutôt bon. Le changement de coach a été avantageux pour moi [ndlr, Jean-Yves Aymon a remplacé Alexandre Comisetti à la tête de Team Vaud M21] et Marco Simone est très certainement venu observer nos matches pour se faire une idée globale de tous les joueurs et puis il a fait appel à moi. J’ai lui ai ensuite montré ce que je pouvais faire sur le terrain.

Tu as fait six matches pour quatre buts en M21, c’est juste ?

Non, un peu plus. Depuis le début de saison, j’ai quasiment joué tous les matches. Ça doit faire une dizaine de matches en tout. J’ai marqué quatre buts, c’est juste mais en un peu plus de 10 matches. Je n’ai pas le chiffre en tête mais plus que six matches, ça c’est sûr.

En somme, un bon début de saison…

Oui. Ça s’est super bien passé. J’ai un rôle de milieu de terrain, milieu offensif plutôt, et on demande aux milieux d’être décisifs par des passes ou par des buts. C’est mon premier rôle mais c’est sûr qu’il faut être présent et j’ai marqué. C’est vrai que les statistiques comptent beaucoup dans le football d’aujourd’hui.

Alors, tu as été formé avec la deuxième équipe de l’AS Saint-Étienne en CFA, n’est-ce pas ?

J’ai fait trois ans à l’ASSE, c’est juste. Plus jeune, je suis d’abord passé par le Servette de Genève. Ensuite, très tôt, à 14-15 ans, j’ai été sollicité par certains clubs, dont beaucoup étaient français. Et j’ai été invité à l’ASSE pour passer une semaine. Ça s’est très bien passé et puis, naturellement, j’ai décidé de signer là-bas.

On n’a pas beaucoup d’informations sur ton parcours Junior… Tu es passé par Genève et Saint-Étienne et, ensuite, tu es directement venu à Lausanne ?

Alors, j’ai signé à 11-12 ans au Servette. J’ai bien joué là-bas. Très vite, j’ai été sollicité en France pour évoluer dans des clubs pro. J’ai quand même attendu la « bonne » proposition. L’AS Saint-Étienne était un bon club, familial, qui véhiculait d’excellentes valeurs aux jeunes et ça m’a plu. J’ai donc signé à l’âge de 15 ans et j’y suis resté trois ans pendant lesquelles j’étais régulièrement surclassé. Mais malheureusement, mon contrat a expiré et j’ai décidé de ne pas rester et c’est là où je suis revenu au Servette FC en M21.

Et donc, ton passage à Team Vaud…?

Et bien, ça se passait bien à Genève mais ils n’ont, ensuite, pas été très clairs avec moi. J’ai hésité à rester et, un jour, est venue la possibilité de faire un essai au FC Lausanne-Sport – en moins de 21 ans donc – et j’ai saisi ma chance. L’année dernière, j’ai fait partie de l’équipe qui a fait la promotion sur le deuxième tour [ndlr, promotion de la 2e Ligue Interrégionale à la 1e Ligue Classic] et j’ai réussi à rapidement enchaîner plusieurs matches. J’ai débuté cette saison avec l’objectif de jouer en Challenge League avec la première équipe. Je pense que c’est normal: toujours en M21, on aspire à progresser pour atteindre l’équipe première du club.

Tu as joué la totalité des trois derniers matches de Challenge League: tu as totalisé 270 minutes (sur 270) de jeu avec la première équipe. Comment tu te sens avec cette nouvelle formation ?

L’effectif est jeune au LS. Il y a des joueurs expérimentés mais il y a surtout beaucoup de jeunes que j’ai en partie côtoyés également l’année dernière ou en M21 cette année, comme il y en a certains qui descendent. Donc mon intégration s’est plutôt faite naturellement. C’est clair que pas tout le monde me connaissait mais, pour un jeune, c’est plus facile de s’intégrer quand il y a la victoire et c’est ce qu’il s’est passé à Winterthur [ndlr, victoire 1-0, pénalty de Kévin Dupuis à la 19e minute]. Ça m’a fait du bien. J’ai joué titulaire tout le match et donc tout est venu naturellement.

Tu connais mieux Romain Dessarzin (ancien M21), Ming Yang Yang (ancien M21) que Chris Malonga et autres qui ont joué dans de grands clubs… Comment ça se passe avec ces joueurs-là ?

Et bien les plus anciens – je pense à Guillaume Rippert ou Chris Malonga – m’ont tout de suite mis à l’aise. J’ai aussi joué un match amical contre l’ETG [ndlr, Evian Thonon-Gaillard, défaite 5-1 à la Pontaise], j’étais de la partie, j’ai joué tout le match et ça m’a permis de montrer ce que je pouvais apporter dans les plans du coach mais aussi aux joueurs qui ne me connaissaient pas.

Il y a un esprit familial au Lausanne-Sport. Tu parlais de l’ASSE mais à Lausanne c’est pareil, non ?

Mais c’est même plus prononcé qu’à Saint-Étienne ! Là-bas, peu de joueurs percent. J’ai encore des amis qui ont même signé pro mais qu’on a jamais vus en équipe première et que l’on ne verra peut-être jamais. Le Lausanne-Sport est un club où – on le voit – il y a énormément de joueurs qui sont formés au club et c’est un objectif de les faire progresser pour qu’ils jouent en équipe première.

Marco Simone est un très bon tacticien. Il a apporté le système du 3-5-2 à cette équipe. Tu t’intègres bien dans ce format ?

Très honnêtement, je n’avais jamais joué, plus jeune, dans le rôle auquel Simone me propose de jouer. Je suis plutôt un meneur de jeu, milieu offensif, parfois même j’ai joué sur les côtés. Mais jamais je n’avais joué en sentinelle devant la défense. Mais, comme j’ai dit, ma vraie chance a été de pouvoir avoir un test en match amical contre l’ETG pour démontrer ce que je savais faire. Il [Simone] a pu m’aligner dans ce rôle-là et j’ose espérer que si j’ai joué ensuite, c’est que j’ai plus dans mon jeu. Après, forcément, durant la semaine, il y a beaucoup de travail tactique. Il m’a beaucoup parlé du rôle qui me donnait à joueur. J’avais, personnellement, en tête que c’était plus un rôle à responsabilités défensives mais il m’a expliqué que finalement, outre mes devoirs en défense, je devais également aider à faire ressortir le ballon proprement pour permettre à l’équipe d’avoir plus de solutions. Sincèrement, ça me plait beaucoup et je ne demande qu’à enchaîner les matches désormais (rires).

Tu as d’ores et déjà beaucoup de responsabilités dans cette équipe. Comment tu les portes sur tes épaules ?

Je vous l’ai dit. J’ai été le premier surpris. Mais après, je pense qu’il [Marco Simone] a vu des qualités en moi en tant que meneur de jeu. Il me guide beaucoup, il me parle. La semaine, durant notre travail tactique, il essaie de m’expliquer les fondamentaux de mon rôle. Après, comme je vous ai dit, je joue plutôt bas mais souvent, il me signale également les responsabilités que j’ai au niveau offensif. Il me fait tirer les coups de pieds arrêtés parce qu’il juge j’ose espérer, que je suis plutôt adroit dans cette tâche. Mais voilà. Mon rôle est vraiment, quand l’équipe a la possession du ballon, d’être toujours disponible, assurer l’alimentation du secteur offensif, de toujours jouer vers l’avant, orienter le jeu sur les côtés et puis, voilà…

Six points sur neuf lors des matches auxquels tu as joué. Ça se présente plutôt bien…

Oui, dans le fond, c’est bien. Mais après, il y a le match de Chiasso qui nous reste en travers de la gorge [ndlr, défaite 4-1]. Je pense que dans le jeu, il n’étaient pas forcément supérieurs à nous mais ils ont fait preuve d’un grand réalisme. Ils ont eu, certes, des occasions mais beaucoup sur coups de pieds arrêtés. On a revu ensuite les quatre buts à la vidéo. On y voit clairement qu’ils proviennent de quatre erreurs nettes de notre part. C’est quelque part des buts qu’on offre. Et puis, c’est sûr que la défaite est lourde. Le retour a été pénible mais c’est peut-être pour ça que contre Bienne on a affiché une telle détermination [ndlr, victoire 4-2]. On a joué haut, on les a mis en difficulté et on a vite plié le match.

Il faut perdre pour gagner au Lausanne-Sport ?

Non, pas du tout. Je pense qu’on a réellement un effectif de qualité. Comme je l’ai dit, il y a un certain nombre de jeunes joueurs qui ont peu de matches en Challenge ou Super League mais qui sont prometteurs. Le meilleur est vraiment à venir. Le point noir est vraiment de gagner en régularité individuellement comme collectivement. On espère tous pouvoir enfin enchaîner les victoires.

Au sein de l’équipe, vous êtes plus ou moins satisfaits de ce premier tour ?

Je ne dirais pas satisfaits. On sait qu’on peut mieux faire [ndlr, le LS est à la 5e place du championnat]. On a les qualités pour ça. Mais les paroles c’est une chose, mais après c’est à nous de les concrétiser sur le terrain. Aujourd’hui [ndlr, 10 décembre], c’est la trêve mais je le regrette presque. J’aurais aimé qu’il y ait d’autres matches avant Noël. Mais bon, on va se reposer pour repartir à fond en [février]. On a vraiment à cœur de faire un gros deuxième tour.

Direction Super League donc…

Bien sûr ! Je pense vraiment que le Lausanne-Sport ait sa place en Super League. Après, à nous de le démontrer sur le terrain, encore une fois. Et c’est pour ça qu’on est tous pressés d’être en [février] pour en découdre avec nos adversaires.

Quels sont, pour finir, tes objectifs personnels avec le LS ou ailleurs ?

Pour moi, c’est compliqué de répondre. Je viens de débuter cette nouvelle expérience. Même si ça se passe plutôt bien pour l’instant – j’ai beaucoup de commentaires assez élogieux – mon objectif personnel reste vraiment d’enchaîner les matches et d’afficher une certaine régularité dans mes performances. Ce n’est que comme ça que j’aiderai l’équipe. Parce que si, individuellement, on a tous cet objectif-là, ça rejaillira sur le collectif forcément.

Merci Mohamed, bonne chance pour la suite et pour le LS.

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About Yves Di Cristino (341 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Sociales et Politiques à l'Université de Lausanne.

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