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Nathalie Devantay: « Je crois toujours au Prince charmant »

La très talentueuse Nathalie Devantay, pas encore 40 ans – 39,90 pour être précis (interprétez-le dans la logique du sketch comme un signe de matérialisme accru de la gente féminine) – s'est divertie sur les planches du Lido Comedy & Club ce vendredi soir. Dans un sketch haut en couleur et en notes musicales, la jeune vaudoise a pris, à sa manière, la défense des femmes engagées dans le long et douloureux processus de la vie quotidienne: le couple puis... la séparation. Rencontre avec la Julia Roberts de l'humour.

Merci Nathalie de m’accorder une interview à la fin de votre spectacle. Alors il s’agit d’une nouvelle version du spectacle que vous avez présentée ce soir…

Oui, c’est une nouvelle version puisque ce spectacle, je l’avais écrit il y a quelques années. Et puis avec Noël Antonini on l’a réécrit un petit peu, à le recentrer, à le raccourcir. À le rendre plus efficace je crois. Donc oui, effectivement: nouvelle version.

On peut dire que vous écrivez, ici, la suite de Cendrillon…

Exact, oui. La vraie vie, la vraie suite de Cendrillon. Il faut une fois pour toutes tordre le coup à tous ces mythes qui ont empoisonné la génération de toutes ces petites filles. Mais j’y crois toujours au Prince charmant, en fait (sourire). Non mais c’est vrai que je reprends un peu tous les clichés qui ont été utilisés plein de fois; les relations entre les hommes et les femmes, les grands moments qu’on vit quand on accouche, quand on va skier avec les enfants. Donc c’est vrai que c’est des sujets qui touchent tout le monde finalement. Et puis, c’est la manière de les traiter, la manière de les interpréter qui fait la différence entre les humoristes finalement. Mais les gens aiment – c’est assez paradoxal – les gens aiment bien rire de leur quotidien.

Rire de son quotidien: c’est justement cela. Dans votre spectacle, il y a la marque d’une grande expérience, du vécu…

Je vous rassure, je n’ai pas vécu tout ce que j’interprète sur scène (rires), heureusement. C’est plutôt inspiré des clichés (de nouveau) que tout le monde vit. Ce spectacle était parti vraiment de la scène de l’accouchement. J’avais envie de jouer cette scène-là et c’est vraiment dans ma tête: j’aime la jouer. Ensuite, il faut trouver une histoire autour [de la scène]. Donc forcément, rencontrer quelqu’un, le divorce, la séparation et puis la boucle est bouclée à la fin… grâce à Georges [ndlr, un figurant fictif de son spectacle].

Il y a, dans votre jeu, un double niveau. Vous êtes très jeune et vous parler comme si vous aviez vécu la vie dans son entier…

Alors, heureusement, pas en entier parce que j’espère bien avoir 50 ans devant moi (sourire).. Mais par contre, c’est vrai que j’ai une famille, des enfants, j’ai aussi vécu la séparation, etc… Mais j’ai écrit ce spectacle avant qu’il m’arrive tout cela. J’avais quand même des enfants mais, voilà. Donc, je me suis plus inspirée sur ce que faisaient les gens autour de moi. Mais en disant quand même pas mal de choses. Et vous verrez quand vous aurez des enfants, ça change la vie.

Il y a une sorte de dichotomie dans votre spectacle entre votre personnage qui est très féministe – je ne sais pas si vous l’êtes en réalité – et la femme que vous êtes qui pratique l’auto-dérision de ce genre. Votre personnage se voit ainsi être en porte-à-faux entre ces deux statuts.

C’est tout à fait juste. C’est vrai que souvent, quand les hommes viennent me voir après le spectacle, [ils se « plaignent » des reproches adressées aux hommes dans mon spectacle]… Et quand ils le font, c’est qu’il n’ont peut-être pas vu le même spectacle que moi. Parce qu’en fait, je suis finalement très critique envers les femmes, sur les clichés, sur ce que l’on est au final. Donc, oui, il y a énormément d’auto-dérision, voire même d’auto-flagellation (rires). Je ne suis pas forcément toujours très tendre avec moi-même et c’est vrai ce que vous dites… Il y a une part un peu de féminisme – c’est mon personnage qui l’est, moi je ne le suis pas trop – mais je me moque beaucoup de ce que nous on croit, de ce que nous on est finalement. Donc il y a ces deux aspects, c’est juste !

C’est la deuxième fois que vous venez au Lido cette année. La première fois, vous aviez présenté le même spectacle ?

Oui, c’était au mois de février et il y avait eu beaucoup de succès. On avait refusé du monde, ce qui faisait que Thomas [ndlr, le programmateur de la salle] m’a proposé de revenir ce week-end deux fois. Donc je suis très contente.

Une carrière plein d’entrain et on espère que ça va continuer…

Mais c’est tout ce que j’espère aussi (rires). J’ai un projet de tournée des EMS quand j’aurai 80 ans, donc je ne compte pas m’arrêter de sitôt.

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About Yves Di Cristino (371 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en Master de Sciences Politiques à l'Université de Lausanne. Prépare un mémoire en histoire internationale focalisé sur les relations de Guerre Froide et de post-Guerre Froide.

1 Comment on Nathalie Devantay: « Je crois toujours au Prince charmant »

  1. « J’ai un projet de tournée des EMS quand j’aurai 80 ans, donc je ne compte pas m’arrêter de sitôt. »
    Et puis je serais remplacé par un truc tout automatique, parce que dans une petite chaise dans le public … et toujours plié en douze ! Bise, ton « rugisseur »

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