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Commémorons les 100 ans de la Grande Guerre !

Le 28 juillet 1914 portait en soi le début "officiel" de la Première grande guerre, dite mondiale malgré sa portée principalement européenne. À l'honneur des soldats tombés au combat ou des innocents civils morts "pour la Patrie", à l'honneur de l'Histoire et à celui du souvenir, leMultimedia.info porte en son site, la marque d'une émotion vive que lui confère le 100e anniversaire de la Première Guerre Mondiale (1914-1918).

Création: Oreste Di Cristino

Crise de juillet. « [L’Europe] ressemble bigrement à une Cocotte-minute » écrit Jean-Yves Le Naour, docteur en histoire et spécialiste de la Première Guerre Mondiale. L’ancien chancelier allemand, Von Bülow, posait également la question du « comment en sommes-nous arrivés-là ? ». Si le Vieux Continent est sujette à diverses crises diplomatiques, elle n’était sans doute pas — avant juillet — encore en proie à une guerre de tranchées. La Première Guerre Mondiale était-elle évitable ? Peut-être que non. Cependant, si la menace de la guerre était présente début 1914, les confrontations armées, elles, ne semblaient pas envisageables. À tel point que l’attentat de Sarajevo — proliférant les craintes d’un conflit sans précédent et le faisant finalement éclater — est accueilli par une vague d’incompréhension en Europe. C’est ainsi que le 28 juillet 1914, il y a 100 ans jour pour jours, notre vieille Europe s’engageait vers « un conflit terrible » sacrifiant ainsi toute une génération selon le (sous-)titre que confère Le Naour à son ouvrage (La Grande Guerre, 2008) consacré à ce triste et mémorable événement.

2014 ne serait-il pas l’année des commémorations de guerre ? Après les 70 ans du débarquement en Normandie (juin 1944), voici que l’humanité s’apprête à « fêter » le siècle de la Première Guerre Mondiale. En théorie, cet anniversaire (n’)est (que) celui de l’attentat de Sarajevo et de la mort de l’archiduc austro-hongrois, François Ferdinand. Fait insignifiant ou relatif dans le contexte de l’époque, il est bien clair, en tout cas, que c’est lui qui a fait explosé la bombe à retardement et déchaîné la tempête. Une tempête qui durera jusqu’en 1918 après avoir sévi quatre longues années où Triplice et Triple Entente ont combattu d’arrache-pied, faisant ainsi du continent européen le théâtre de la mort et du désespoir.

La guerre — qui a connu son apogée en 1917 avec l’entrée en lice des Etats-Unis et la révolution bolchevique — est reconnue aujourd’hui pour sa portée novatrice: celle d’une guerre totale qui « [a mobilisé] toutes les ressources, financières, sociales et morales » (Le Naour, 2008: 61). Le conflit s’était, de plus, largement étendu au-delà des tranchées, mettant en jeu également la vie de simples civils qui luttaient, à leur manière et à leurs risques et périls, au profit de leur Patrie. Longtemps prédite courte, la guerre a finalement joué de longues prolongations provoquant ainsi la mobilisation des Etats dans l’économie de leur pays respectif (priorité au financement des armées et de l’armement), l’embauche des femmes dans l’industrie de guerre ainsi qu’une série de diffamations journalistiques destinées à soigner le moral des troupes. Un moral qui sera petit à petit réduit à néant proliférant ainsi une perte grandissante de confiance parmi les diverses armées, celle des poilus en amont après l’échec du Chemin des Dames. Ces derniers sont passés proches de la défaite le 21 mars 1918 mais un déficit de soldats au sein du contingent allemand a permis aux Alliés de garantir un succès presque inespéré.

L’armistice est demandée par les troupes allemandes en novembre 1918. L’Allemagne a perdu mais n’a pas été battue. Si proche de la victoire, c’est par excès de désertion des soldats allemands — estimant que la fin de la guerre était imminente — que le général en chef des armées allemandes est contraint d’admettre sa défaite. Lancée dans une tactique, en 1918, censée prendre par surprise les armées alliées, l’Allemagne finit par perdre son pari face aux armées commandées par le généralissime Foch qui dirige avec brio sa défense sur position de deuxième et troisième ligne de tranchée (quand la première n’est considérée comme étant qu’un « pare-choc » des offensives adverses). Les allemands sont en très nette infériorité numérique quand ils sont forcés de déclarer leur défaite et quémander l’armistice d’urgence, le 11 novembre 1918. Voilà pourquoi l’Allemagne a été « battue » sans avoir été « abattue ». Ce 11 novembre est donc la date symbolique d’une Allemagne dépitée sous le « démissionnarisme » généralisé, d’une Triple Entente qui fait sonner le glas à la Triple Alliance (dite Triplice) mais aussi d’une paix que le Vieux Continent attendait de pied ferme. La tempête s’est calmée. Le ciel s’est dégagé. Le soleil éclaire notre Europe; ce 11 novembre, un immense chapitre de l’histoire de l’humanité venait d’être agrémenté de son point final. La clôture de la première partie d’une duologie guerrière qui verra, 21 ans plus tard, s’ouvrir son deuxième épisode sous la houle de l’armée nazie.

Nous n’oublierons jamais ! In Memoriam aux courageux défunts.

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About Yves Di Cristino (293 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en sciences sociales et politiques à l'Université de Lausanne.

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