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Le spectre de la Challenge League plane sur Lausanne

Triste après-midi à la Pontaise. Le FC Lausanne-Sport a sans doute manqué la plus belle occasion de sa saison face au FC Sion (0-1). L’écart recreusé de sept points, le LS n’a désormais plus beaucoup de temps pour tenter un sauvetage miracle. Retour sur un match à haut enjeu, mais bas dénouement. Par Yves Di Cristino

L’occasion était impériale pour les hommes de Marco Simone et Henry Atamaniuk. À l’issue de la rencontre les opposant au FC Sion de Christian Constantin, les jeux semblent faits même si Alain Joseph, président courageux de cette équipe vaudoise, se veut encore crédule au maintien de son équipe : « C’est une grosse déception mais faut vite l’oublier. Il reste huit matches. Sion reçoit le FC Bâle le week-end prochain et nous Grasshopper. Donc à nous de tenter de recoller une nouvelle fois et peut-être réussir à passer devant finalement. On y croit jusqu’au bout et là, j’ai confiance en notre staff et les joueurs vont se redresser. On est revenus deux fois au cours de ce championnat donc pourquoi pas une troisième fois, qui serait peut-être la bonne. »

À l’image de Yannis Tafer qui a refusé toute interview et d’Ante Vukusic qui a répandu toute sa frustration dans le couloir de retour aux vestiaires, force est de constater que l’ambiance et la motivation étaient toutes les deux retombées violemment sur le tapis. « Je ne sais pas si c’est intelligent de parler deux minutes après le match », lance Alain Joseph en début d’interview. « Mais il est clair qu’on a réalisé un non-match et c’est une défaite qui fait mal. » Une réalité que partage Marco Simone en conférence de presse : « Lausanne ne méritait pas de gagner mais je suis prêt à prendre toutes mes responsabilités. J’avais plusieurs idées en tête concernant le système de jeu et la formation et je ne les ai pas mises à exécution. »

Dans une composition presque habituelle avec Tafer et Facchinetti sur les ailes et un trio offensif toujours composé de Feindouno, Ravet et Vukusic, le FC Lausanne-Sport a néanmoins vécu un match laborieux. La tactique de jeu opérée par l’entraîneur sédunois Raimondo Ponte a dûment fonctionné comme il l’explique en conférence d’après-match : « Feindouno et Ravet n’ont pas eu de place et nous n’avons pas vu non plus Tafer. Notre but était de les contrer et on a réussi. » C’est dans ce sens qu’il est possible d’expliquer la grande inefficacité des Lausannois devant la cage de Vanins. En revanche, Sion a connu plus de réussite face à João Barroca, dont la mauvaise sortie a permis à Léo Itaperuna de donner l’avantage à Sion. Un avantage qu’ils ont brillamment gardé tout au long d’un match caractérisé par la relative peine du LS à se projeter vers l’avant, malgré le jeu produit et une possession de balle supérieure. « Barroca a fait une erreur mais il a fait deux excellents arrêts extraordinaires ensuite. Mais l’erreur est humaine et on avait 80 minutes pour se rattraper. On a pas su le faire. » lâche le président du LS.

« J’aurais préféré un stade moins garni et un meilleur résultat »

Cependant, les individualités de l’équipe de la capitale olympique n’ont pas été totalement noyées par la discutable « domination » sédunoise, même si d’un point de vue collectif, la défense lausannoise a été en apnée durant une bonne partie du premier temps, où Dimitris Christophi a su, par quelques incursions, mettre le trio défensif — Sonnerat, Mevlja et Banana — à rude épreuve. Toutefois, Ming Yang Yang a effectué, en ce dimanche après-midi, un grand travail de récupération dans son poste de milieu de terrain mais son timide physique lui a coûté sa place en seconde période. Les remaniements dans cette équipe ont eu beau être tentés mais rien n’y fait. Les Lausannois se heurtent à un bloc rouge et blanc, intelligent par son mouvement et solide défensivement. L’entrée de De Pierro, l’avancement de Sonnerat en position de demi d’extérieur ou encore le renforcement offensif apporté par Matar Coly en fin de match n’ont pas réussi à renverser la tendance. Ce qui devait s’apparenter à un retour fracassant du LS dans la lutte contre la relégation a constitué, ce dimanche, un énième échec pour les pensionnaires de la Pontaise… peut-être le plus amer.

Affluence record dans un stade de la Pontaise qui n’aurait demandé qu’à être porté à ébullition. Malheureusement, le but de Léo a, en partie, douché les 8’800 spectateurs venus supporter et croire ensemble au sauvetage du FC Lausanne-Sport. « Je ne sais pas si on était tétanisés par l’enjeu. C’est vrai que notre équipe est jeune et n’a pas réussi à assumer la pression. C’est une grosse déception mais faut vite l’oublier. » explique Alain Joseph avant d’admettre : « On aurait préféré un peu moins de spectateurs et un résultat favorable, mais ce sont des choses qu’on ne peut pas choisir. C’est vrai qu’on est très heureux de voir que le public a répondu présent malgré la Coupe Davis. On voit que beaucoup de personnes, même si elles ne viennent pas souvent, soutiennent le club et on aurait tellement voulu empocher cette victoire pour eux aussi. »

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About Yves Di Cristino (300 Articles)
Rédacteur en chef, membre actif de l'Association Suisse des Journalistes Indépendants (CH-Media) et de l'Association vaudoise de la presse sportive (AVPS). Étudiant en sciences sociales et politiques à l'Université de Lausanne.

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